Les cantonales 2015 : la nouvelle loi

Le Parlement a adopté définitivement la réforme des modes de scrutin locaux, qui instaure l’élection dans chaque canton d’un binôme homme-femme.

La moitié des 4 000 cantons de France va être supprimée et la carte de tous les départements de France va être redécoupée, en dehors des limites des circonscriptions électorales.

A la place des conseillers généraux,  les Français vont bientôt découvrir  un « binôme », composé d’un homme et d’une femme, élus ensemble dans des cantons géants mais « exerçant indépendamment leur mandat ». Que se passera-t-il lorsqu’un un maire viendra voir l’un des deux élus du canton pour une demande de subvention et essuiera un refus ? Il ira voir le second élu et sera peut-être mieux reçu…

A travers ce redécoupage qui se fera sur des bases démographiques, la majorité des conseillers départementaux  viendra des zones urbaines. 

- Tout d’abord, les départements sont les derniers garants des solidarités entre les populations et entre les territoires. A ce titre, les Conseils Généraux sont les acteurs majeurs de l’aménagement des territoires. Si les élus proviennent des seules agglomérations, la tentation sera grande de mener une politique centrée sur les aires urbaines. Les routes secondaires, les collèges ruraux, l’aménagement numérique des campagnes risquent d’en faire les frais et le sentiment d’abandon des zones rurales et de la « France périphérique » ne fera que croître.

- La seconde erreur profonde de cette prime aux agglomérations, c’est qu’elle intervient au moment même où celles-ci récupèrent les compétences départementales sur leur territoire. Cela a été le cas à Lyon et la réforme de la décentralisation annoncée par le Gouvernement, qui renvoie la question des solidarités territoriales aux calendes grecques, ne fera qu’accélérer ce phénomène. En conséquence, les départements n’exerceront plus leurs compétences que hors agglomérations. Comment justifier alors que la majorité de leurs représentants soient des élus urbains ?

Qui assurera demain la péréquation territoriale ? Qui assurera le nécessaire équilibre entre villes et campagnes ? Le Gouvernement, uniquement préoccupé par sa volonté de favoriser le Parti socialiste aux prochaines élections, se garde bien de répondre à ces questions fondamentales pour tous ceux qui sont attachés à la juste représentation des territoires de notre pays.

Du fait de son caractère institutionnel et complexe, cette réforme a peu fait parler d’elle. Pourtant, ses conséquences seront funestes. Elle témoigne du cynisme d’un parti qui à peine 11 mois après son arrivée au pouvoir, envisage de modifier les modes de scrutins de toutes les élections pour son seul profit. D’un parti qui est en en train de fonder l’avenir de notre grand et beau pays sur le seul fait urbain.

La réforme est désormais votée mais je reste convaincu que les électeurs, lorsqu’ils auront réalisé l’ampleur de ce qui est en jeu, enverront un signal clair aux élus socialistes. Car le Gouvernement a oublié une chose : il aura beau supprimer tous les cantons ruraux de France, il ne fera jamais taire leurs électeurs.

Une réflexion au sujet de « Les cantonales 2015 : la nouvelle loi »

  1. L’analyse est pertinente. Il faut une imagination débordante pour aboutir, au nom de la parité, à ce « truc », un binôme pour tenir un poste !
    c’est réellement du jamais vu

    Quant à notre pauvre pays viganais, longtemps on a pensé perdre notre sous-préfecture, pour certains c’était acquis comme le tribunal.
    Non, notre imagination était trop limitée : nous perdons notre chef lieu de canton, tout simplement

    Le plus étonnant est le silence assourdissant de la quasi totalité des intervenants

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